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“Si c’est moi qui fais la saison à la place Peter Bosz, je me fais découper”, estime Genesio

Dans une longue interview à After Foot La Revue, Bruno Genesio se confie sur la très belle saison dernière avec Rennes mais aussi sur le traitement injuste qui lui était réservé lorsqu’il était à Lyon.

Ses principes de jeu, sa réussite au Stade Rennais et les critiques dont il a souvent dû faire face. Bruno Genesio, entraîneur du Stade Rennais, s’est longtemps nommé dans le dernier numéro d‘Après Foot La Revue. Il a échangé avec Daniel Riolo, journaliste et éditorialiste pour RMC Sport, qui s’est parfois montré pendant au sujet de l’entraîneur breton, même s’il a revu son avis à la sortie de la très belle dernière saison effectuer en Bretagne avec un titre de meilleur entraîneur à la clé. Genesio confie avoir accepté l’échange parce qu’il apprécie son interlocuteur et pour détailler son ressentiment sur le traitement qu’il a fait injuste lorsqu’il était à Lyon (2011-2015).

“La première chose qui a joué contre moi, c’est cet a priori défini dès ma nomination que je peux comprendre puisqu’on inaugurait le nouveau stade, que beaucoup de gens pensaient que ça aurait dû être Mourinho ou un autre entraîneur reconnu, qui avait gagné des titres, explique-t-il. Et c’est moi, entraîneur adjoint, qui prend le poste. Je comprenais qu’on s’interroge sur ma faculté à gérer un groupe, avec des stars etc. Dans l’ensemble , je dis bien dans l’ensemble, les résultats et le jeu proposé ont été plutôt bons, mais on n’est jamais sorti de ce credo : ‘Genesio, il n’est pas fait pour ce poste’. ma défaveur, malgré le soutien du président, en externe et en interne. J’y tiens, parce que malgré tout ce qui a pu être dit, j’ai toujours eu ce soutien. Les joueurs, je n’ai pas le sentiment qu ‘ils m’aient lâché. Si j’ai fait trois ans et demi, c’est grâce à eux. Il y a eu des matchs et des résultats moins bons, mais ça a été une expérience importante pour la suite de ma carrière.”

Au cours de cet entretien de douze pages, Genesio détaille sa manière de travailler, de mettre en confiance les joueurs et de prôner un jeu collectif qui a fait des merveilles la dernière saison. Il fait aussi partie de son désaccord sur la manière dont l’Après s’oppose parfois aux entraîneurs français et étrangers, quand lui ne voit qu’une seule et même corporation avec ses qualités et ses défauts. Il cite notamment l’exemple de Peter Bosz, actuellement en poste à Lyon qu’il juge plus épargné que lui à l’époque.

“Si ça avait été moi, vous m’auriez découpé, laminé !”

“Si c’est moi qui fait la saison de Lyon cette année, à la place Peter Bosz, je me fais découper toute la saison, j’estime Genesio. Ce qui lui a été épargné.” Riolo lui rétorque alors que l’After a aussi réservé un traitement dur au Néerlandais : “on l’a bien arrangé”. “Un petit peu, reconnaît Genesio. Mais si ça avait été moi, ce n’est pas que vous m’auriez arrangé, vous m’auriez découpé, laminé ! C’est ça que je vous reproche.”

Riolo lui cite alors un reproche que l’on peut faire aux entraîneurs français en comparaison aux étrangers : la communication. “Sur la communication et ce qu’on dégage, l’autre jour, j’en ai parlé avec Jérôme (dans Rothen s’enflamme), il m’a dit : ‘j’ai l’impression que t’as pas la grinta, que t’a pas l’agressivité nécessaire”, répond Genesio. Mais neuf fois sur dix, de quoi on me parle en interview ? De mes problèmes avec les supporters, des critiques des médias, de ma relation avec le président… On ne me demandait jamais quelles étaient mes intentions de jeu, ce que j’avais envie de mettre en place. tactique…”

“On le fait là”, lui répond Riolo. “Oui, et c’est très bien, trouvé Genesio. C’est pour cette raison que j’ai accepté. A l’origine, je me suis posé la question : ‘pourquoi Daniel Riolo, qui t’asticote depuis si longtemps, veut faire une interview avec toi ? Et tiens, je te le pose, cette question : pourquoi ?” La réponse de Daniel Riolo et l’intégralité de cet entretien passionnant sont à retrouver dans After La Revue, disponible ici.

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